Pallas & Arachné

Opera


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Pallas&Arachné (2015)Porcelaine, laiton, fil (~35 cm de diamètre, de 58 à 120 cm de haut)

Crédits photo E.Bloch

La métamorphose d’Arachné, châtiée pour impiété (6, 1-145)

Arachné, une jeune Lydienne de modeste naissance, s’est acquis, par son art de travailler la laine, une si grande réputation que Minerve en prend ombrage et décide de châtier cette rivale, qui prétend ne devoir son talent qu’à elle-même, refusant d’y reconnaître le patronage de Minerve. (6, 1-25)

Déguisée en vieille femme, Minerve conseille à la jeune fille d’implorer le pardon de la déesse. Arachné rabroue vertement la vieille et s’obstine, en suggérant un concours qui les départagerait, Minerve et elle. Quittant alors son apparence de vieille femme, la déesse accepte l’épreuve (6, 26-52). Aussitôt deux métiers sont dressés et les deux artistes se mettent à tisser. (6, 53-69)

Minerve conçoit plus de dépit encore de la perfection du travail d’Arachné que de son impertinence à l’égard des dieux. Elle frappe Arachné dont elle détruit l’oeuvre. Désespérée par cet outrage, Arachné se pend. Minerve apitoyée, renonce à la perdre mais la châtie en la métamorphosant en araignée. (129-145)

Pendentem Pallas miserata leuauit
atque ita « uiue quidem, pende tamen, inproba » dixit,
« lexque eadem poenae, ne sis secura futuri,
dicta tuo generi serisque nepotibus esto ! »
Post ea discedens sucis Hecateidos herbae

sparsit et extemplo tristi medicamine tactae
defluxere comae, cum quis et naris et aures,
fitque caput minimum, toto quoque corpore parua est ;
in latere exiles digiti pro cruribus haerent,
cetera uenter habet ; de quo tamen illa remittit

stamen et antiquas exercet aranea telas.

[ … ]Elle était suspendue,
et Pallas apitoyée la souleva : « Reste vivante, scélérate,
mais toutefois pendue, et, pour t’éviter de compter sur l’avenir,
j’impose la même peine à ta race et à tes lointains descendants ! »
Après cela, en s’éloignant, elle l’aspergea de sucs extraits

d’une herbe d’Hécate. Aussitôt touchés par le funeste poison,
les cheveux d’Arachné tombent ainsi que son nez et ses oreilles ;
puis sa tête devient minuscule, tout son corps aussi rapetisse ;
des doigts ténus, à la place des jambes, s’attachent à ses flancs,
et son ventre forme le reste ; c’est de là qu’elle produit du fil

et que, devenue araignée, elle s’applique à ses toiles de jadis.

Ovide, Métamorphoses, livre VI